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⚠️ Pourquoi certaines plateformes d’avantages salariés exposent les CSE à un risque URSSAF

  • Photo du rédacteur: Lorris Tuzza
    Lorris Tuzza
  • 29 juin
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 29 juin

Depuis quelques années, les plateformes d’avantages salariés se sont imposées dans de nombreux CSE.


Mais derrière leur simplicité apparente se cache un risque juridique que très peu d’élus identifient.


Avant d’aller plus loin, une précision. Je ne vous parle pas de l’imputation budgétaire. Même si quelques filous continuent de vendre des plateformes en prétendant qu’elles peuvent passer sur le budget de fonctionnement, aujourd’hui tout élu qui se respecte sait que ce n’est pas le cas. Ce n’est pas le sujet.


Le sujet est ailleurs.


🔎 Les temps changent


Depuis quelque temps, le gouvernement cherche à renflouer les caisses. C’est pourquoi les contrôles de l’URSSAF se durcissent.


Récemment, par exemple, la tolérance liée à l’ancienneté a été abandonnée et un guide officiel a été publié pour encadrer les pratiques.


Ce qui passait hier ne passe plus forcément aujourd’hui.


📌 Plateforme avantages salariés CSE : la règle URSSAF


L’URSSAF exonère les plateformes de réduction tarifaire à une seule condition : que les réductions se rattachent exclusivement à des activités sociales et culturelles — sport, culture, vacances, bien-être.


Le mot important, c’est « exclusivement ».


Or, bien des plateformes fonctionnent avec un seul abonnement, à un seul prix, qui donne accès à tout en même temps :

  • du sport, de la culture, des vacances ✔️

  • mais aussi à d’autres avantages, comme des remises chez Leclerc, Castorama ou Sephora ✘


Et c’est là que tout bascule : à partir du moment où l’abonnement donne accès à ces avantages-là, il n’est plus « exclusivement » ASC.


Le CSE n’achète pas séparément une billetterie culturelle et une offre shopping. Il paie un seul abonnement qui donne accès à l’ensemble. C’est précisément cette absence de distinction qui pose problème.


Conséquence :

Quand il n’y a qu’un seul abonnement globalisé, à un seul prix, qui donne accès indistinctement à des activités sociales et culturelles ET à d’autres avantages, la totalité de l’abonnement payé par le CSE est soumise à cotisations sociales.

Pas une partie. L’abonnement entier.


Schéma comparant deux plateformes d’avantages salariés pour CSE : à gauche, une plateforme qui mélange activités sociales et culturelles et shopping dans un abonnement unique soumis à cotisations ; à droite, une plateforme qui sépare la part ASC exonérée et la part shopping soumise à cotisations.

🧾 Quand l’URSSAF le dit noir sur blanc


D’abord, c’est écrit sur le site de l’URSSAF :

« Les cartes de réduction tarifaires attribuées par le CSE sont exonérées de cotisations à condition que les réductions tarifaires se rattachent exclusivement à des prestations destinées à favoriser les activités sociales et culturelles. Les règles sont identiques pour les plateformes de réduction tarifaire. »
Élus de CSE analysant une plateforme d’avantages salariés avec une séparation entre activités sociales et culturelles et remises shopping, sous le regard d’un contrôleur URSSAF.

Ensuite, nous avons fait confirmer notre analyse par un rescrit social — une réponse officielle de l’URSSAF. Sa conclusion est sans ambiguïté :

« En l’absence de distinction entre le montant payé pour l’accès aux offres se rattachant aux activités sociales et culturelles … et celui payé pour l’accès aux offres ne s’y rattachant pas, le montant intégral du coût de l’abonnement … doit être soumis à cotisations et contributions sociales. »

Extrait du site de l’URSSAF indiquant que les plateformes de réduction tarifaire sont exonérées si les réductions se rattachent exclusivement aux activités sociales et culturelles.
Extrait d’un rescrit social URSSAF précisant que l’absence de distinction entre avantages ASC et avantages hors ASC peut entraîner l’assujettissement de l’abonnement aux cotisations sociales.

✅ La bonne nouvelle : la solution existe


Le même rescrit précise aussi comment éviter la taxation totale.


Si le CSE distingue clairement les deux parts, alors seule la part « hors activités sociales et culturelles » est soumise à cotisations. La part sport-culture-vacances-bien-être, elle, reste exonérée.


Autrement dit : tout le problème vient du mélange. La séparation le résout.


Concrètement, le CSE déclare alors uniquement cette part comme un avantage, en lien avec l’employeur. Le reste demeure exonéré.


🛡️ Notre choix : on ne mélange pas


Chez MobiCSE, nous avons fait un choix simple : séparer ce qui doit l’être.


D’un côté, les avantages sociaux et culturels : sport, culture, vacances, loisirs, bien-être. Cette partie relève du régime d’exonération applicable aux activités sociales et culturelles.


De l’autre, les remises shopping : Leclerc, Castorama, Sephora, etc. Cette partie relève d’un autre régime social.


Concrètement, les deux parts sont identifiées séparément sur le devis et sur la facture.


Le CSE sait donc exactement ce qu’il souscrit, ce qui est exonéré, et ce qui est soumis à cotisations sociales.


Il peut alors choisir en connaissance de cause :

  • ne prendre que les avantages sociaux et culturels ;

  • ajouter l’option « remises shopping » et organiser avec l’employeur la déclaration et le règlement des cotisations correspondantes ;

  • ou souscrire cette option sans procéder à cette déclaration, en ayant clairement identifié le risque de redressement en cas de contrôle URSSAF.


L’essentiel est là : le CSE n’est pas enfermé dans un abonnement globalisé où tout est mélangé.


Il dispose d’une information claire, d’une facture lisible et d’un vrai choix.


🎯 En résumé


Pendant des années, les CSE ont comparé les plateformes sur leur prix, leur catalogue ou leur nombre de partenaires.


Il est peut-être temps d’ajouter un nouveau critère.


La sécurité juridique.


Références : copie d’écran de la doctrine URSSAF (« Les cartes ou plateformes de réduction tarifaire ») · extraits du rescrit social obtenu auprès de l’URSSAF.

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